Je vous raconte mon EP?
Écriture et ukulélé
Mars 2020, le virus et le confinement font irruption dans nos vies et nous obligent à rester à la maison. Cette période étrange et frustrante me pousse à créer, à exprimer ce que je ressens, à mettre à plat mes 1500 idées, rêves, questions, pensées. Chaque jour je compose, j’écris, je chante, mon ukulélé sous le bras et mon carnet rouge sous les doigts. Au fil des semaines, mon téléphone se transforme en objet musical, je compose finalement 21 titres sur l’application GarageBand. Chaque jour, j’arrive aux repas de famille surexcitée de leur faire écouter un nouveau son, un couplet, ou tester la mélodie d’un refrain.

« Vous avez deux minutes ? Il faut que je vous chante ma nouvelle idée. » (La phrase type du confinement)
Émotions et concrétisation
Ma famille et mes amis m’encouragent, je vais au bout de mes idées, j’écris, je recommence, je biffe, et retravaille des boucles, des paroles. Petit à petit, je les chante à d’autres personnes et les retours sont vivants, humains, tendres ou parfois surpris. Un ami, Stéphane, homme de radio, m’aide à choisir les cinq meilleurs titres.
Mon ami, Julien, bassiste, me fait rencontrer son groupe d’amis, Seb, Elio et Tim. Ils ont monté un studio d’enregistrement. On discute enregistrement, recomposition des maquettes, réalisation et crowdfunding.
Les idées de contreparties fusent: l’apéro avec papa, un dessin de ma maman, photos délires, toute la famille s’y met. On filme la vidéo de présentation au studio et c’est parti! Les semaines passent et ding, ding, ding! Les dons de mes proches et même de personnes que je ne connais pas, s’accumulent ! Wow, mille mercis, on peut se lancer, je suis tellement touchée et je n’ai qu’une hâte : commencer.
Travail et pizzas
Le 15 novembre 2020, première rencontre avec l’équipe autour d’un repas. Ils ont déjà travaillé sur le morceau “Un jour mon prince viendra” que je découvre le lendemain. Waouh, ma musique est sortie de mon téléphone et existe dans nouvelle forme, qui résonne dans le studio !
C’est le début d’un processus créatif incroyable, qui va durer jusqu’en mai 2021.
Deux ou trois fois par semaine, on se retrouve au studio pour composer, arranger, enregistrer, discuter, argumenter, tester, jouer, chanter… et recommencer. On enregistre en live et en midi. Le plus souvent, on se répartit le travail en équipes, deux au studio, deux ou trois qui jouent ou composent. Lorsque les parties instrumentales sont bonnes, Elio et Seb m’aident à préparer les parties chant, puis Seb m’enregistre chaque week-end pendant un mois. On travaille ensemble le registre émotionnel. Notre amie Rani, chanteuse elle aussi, passe de temps en temps au studio et me conseille, notamment sur le rythme et le sens des paroles.
“Va à l’essentiel, reste simple, utilise moins de mots”
Au fur et à mesure des enregistrements, la confiance s’installe, le plaisir de la musique s’intensifie, se professionnalise. J’aime ces moments, ce sont six mois d’apprentissage en continu, chacun apporte ses idées, j’apprends, j’évolue, je défends les émotions que je souhaite transmettre ou me laisse porter par les incroyables propositions de l’équipe.. Je suis en train de vivre un petit bout du rêve qui me hante depuis enfant.
Mix et contrastes
Six semaines de mixage, Seb travaille à fond, il amène encore de nouvelles idées – comme l’effet vieux vinyle au début du morceau “Sombre” – à chaque nouvelle version qu’il nous envoie, on échange sur diverses modifications nécessaires jusqu’à la version finale. Allers, retours, on passe des heures à écouter, encore et encore, à mixer, peaufiner, chaque accord.
Il faut encore masteuriser, sortir les titres dans les bons formats, pour le digital et les CDs, et “emballer” tout ça comme j’aime. Quand j’étais enfant, j’adorais écouter les CDs de mes parents tout en suivant les paroles grâce au livret, qui dévoilait aussi un fragment de l’univers de l’artiste.
“Nono, je t’envoie la dernière version du mixage, prends le temps d’écouter”
C’est Julien qui me prend en photo pour illustrer la pochette, le livret et le site. L’exercice de traduire en images l’atmosphère et les émotions que j’ai voulu donner à ma musique n’est pas tout simple. Finalement c’est l’ambiance Gainsbourg qui me va le mieux ce jour-là.
La pochette du CD est pour moi très importante. Pour cet EP, j’ai envie de montrer les différentes émotions que je ressens, mes up and downs réguliers, qui parfois me déchirent, le nœuds émotionnel qui rythme mes journées. L’EP est imaginé en équilibre, deux chansons tristes, deux joyeuses et une qui raconte l’équilibre recherché.